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Haïti chérie - Oxfam Québec
Michel Lefebvre est directeur de projet pour Oxfam Québec
en Haïti depuis un an. Il était à Port-au-prince lorsque la
terre a tremblé. Il s'est accroché à une colonne dans la maison
pour ne pas tomber. D'autres étaient par terre autour de
lui, certains étaient cachés sous des tables.
Des centaines de milliers de morts, de disparus, d’estropiés
à vie; une partie du pays effondré, plus d‘un million de personnes
laissées sans abri, sans nourriture, sans eau.
Marjorie Clermont, psychologue haïtienne qui travaille pour Oxfam Québec à Port-au-Prince, a
survécu au séisme en s'enfuyant de l'édifice où elle pratiquait. Elle a toutefois perdu des amis. Sa
maison est aussi détruite. Selon Le plus difficile pour les survivants est d'accepter le sentiment de
totale impuissance qui les a envahis au moment du drame. Le réflexe pour la majorité des gens est
de s'abandonner à Dieu. "Tout bougeait. Et on ne pouvait rien faire, témoigne-t-elle. Tout le monde
a eu peur de mourir."
L'effort requis pour la reconstruction sera gigantesque. A la limite de notre quartier, sur Notre-Dame
en face de la quincaillerie Rona, sont situés les bureaux de Oxfam Québec, un organisme de
coopération internationale qui travaille en Haïti.
Michel Lefebvre travaille à l'organisation de projets pour Oxfam Québec depuis 1992. Il a surtout
travaillé dans des pays en Afrique centrale. Il était revenu au Rwanda depuis une semaine, lorsqu'a
été déclenché le fameux génocide. En Haïti, il travaille dans un projet national haïtien pour soutenir
la production agricole. À cause du tremblement de terre, les responsables prévoient doubler l'effort
de production pour répondre aux besoins du pays. Dans leur projet, ils produisent du mais, du
sorgho, du manioc et des haricots.
Oxfam Québec avait une quinzaine d'employés en Haïti au moment du drame, ils sont passés à plus de
35. Ils sont impliqués avec la population locale.
D'autres épreuves sont à venir pour les Haïtiens. Dès mars/avril, la saison des pluies transformera les
camps de réfugiés en champs de boues avec tous problèmes d'hygiène que çà entraîne. Puis suivront
les ouragans de juillet à octobre.
Ils ont besoin d'aide. Pour paraphraser Luck Mervil, ce n'est pas un problème de Haïti mais un problème
humain. Les Haïtiens sont un peuple d'amour, ils doivent passer à travers de grandes épreuves. C'est
notre avenir à tous qui en dépend.
Pour aider, il vaut mieux contribuer à des organismes de chez nous qui étaient déjà en Haïti.
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Michel Lefebvre, directeur de projet pour Oxfam Québec en Haïti
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Les Québécois ont leur façon propre de faire du développement. D'ailleurs, l'expérience
québécoise en développement international a largement alimenté la pratique
de l'économie sociale telle qu'elle se pratique ici-même dans notre quartier.
Jean Cusson, fondateur et premier directeur de l'entreprise d'insertion Formétal à
Pointe Saint Charles, disait que notre façon de faire est différente parce que nous
n'avons pas été des colonisateurs. Nous avons connu le point de vue du colonisé,
ce qui nous permet d’être sensibles aux besoins des gens avec qui nous travaillons.
Ce ne sont pas nos projets, mais nous soutenons les gens dans leurs projets.
Après avoir travaillé comme coopérant au Mali, en Afrique de l'Ouest, pendant 3 ans, Jean Cusson a
fondé et dirigé l'Entreprise École Formétal durant 14 ans. Il est aussi co-fondateur du Collectif des entreprises
d'insertion au Québec dont il a été le premier président de 1996-1997. Aujourd’hui, le collectif
comprend une cinquantaine d’entreprises à travers le Québec. Jean est décédé dans un accident de la
route le 20 juillet 2004. Une bourse d’études en entreprises d’insertion porte son nom depuis 2005. |
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